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  • Collectif d'Études Postcoloniales Francophones (CEFP)

BONS BAISERS DÉCOLONIAUX !

Dernière mise à jour : 26 mars



Cette première édition est dédiée à la célébration de tous ceux et toutes celles pour qui la décolonisation n’est pas une métaphore, mais une lutte territoriale, quotidienne, psychique et identitaire – une lutte non-héroïque. Cette initiative souhaite faire l’éloge d’une résistance souterraine, celle qui rend possible le voyage de la perte de soi au regain de soi.


Notre objectif en est un de dialogue entre divers.es acteurs.trices : celles et ceux issu.e.s de l’immigration postcoloniale, et celles et ceux qui font l’expérience toujours actuelle des pratiques coloniales. Il s’agit autant de s’élever contre le colonialisme d’installation, qui pose la question décoloniale comme enjeu territorial, que d’interroger les imaginaires coloniaux à l’oeuvre dans nos rapports sociaux. Ceci est également une proposition de dialogue entre les disciplines, par l’entremise de différentes formes de création.

Ce blues des colonies qui nous habite…


Comment s’en défaire? S’agit-il même de s’en défaire, de l’apprivoiser, de l’intégrer à notre être, d’en faire une part d’identité? Identité contestée, certes, mais réappropriée?

À défaut de pouvoir répondre à cette question de manière unanime, venez, on se le raconte ce blues.


Venez, on le nomme, on l’écrit, on le crie, on le dessine, on le crache, on le chante, on le rappe, on le peint.


Venez, on s’en déprend.


Déprise douloureuse, mais ô combien salvatrice.

Enfin, c’est ce que nous pensions, mais tous les programmes de décolonisation ne se valent pas.


Nul doute que la dénonciation de la dimension psychoaffective du colonialisme, sur laquelle cette revue insiste beaucoup, demeure essentielle, mais il ne faut pas condamner la lutte décoloniale à une simple position de métaphore temporelle. Que signifie cette décolonisation symbolique pour les terres et les peuples toujours colonisés? C’est précisément cette critique que font les études autochtones. Ces dernières contestent l’application des études postcoloniales à leur situation, car celles-ci situent leurs histoires après le colonialisme, alors qu’il y a nécessité de reconnaître la contemporanéité de l’entreprise coloniale. Et surtout, de transformer la métaphore temporelle postcoloniale pour lui donner un ancrage spatial.


L’élaboration de cette revue aura été un exercice difficile, mais salutaire pour comprendre ce que notre propre activisme signifiait réellement. Le processus a été pavé de questionnements, de remises en question et de doutes quant à notre compréhension du fait décolonial, qui s’est avéré être lui-même pris dans un désordre conceptuel, à l’image de ce programme de désordre absolu qu’est la « sortie de la grande nuit » pour Frantz Fanon.


En espérant que cette revue puisse au moins vous renseigner sur la richesse des idées de celles et ceux qui ont répondu à l’appel. Après tout, avec une étincelle on peut faire un feu.


Bonne lecture décoloniale.



Solidairement,

L’équipe du Collectif d’Études Francophones Postcoloniales



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